Les tempêtes de décembre 1999 ont gravement endommagé les réseaux de distribution. Ceux-ci ont été naturellement reconstruits dans les mois qui ont suivi. Malheureusement, ils l’ont été à l’identique, c’est-à-dire en aérien.
La fragilité avérée des réseaux aériens a été pourtant mise en évidence, par contraste avec l’Allemagne où, en 1999, les tempêtes ont eu lieu avec la même violence mais sans grand impact sur la fourniture d’électricité, les réseaux y étant largement souterrains.
Quelques années après, rien n’a donc changé. La fragilité du réseau s’est même détériorée, faute des investissements nécessaires à son renouvellement.
- Les réseaux électriques vieillissent : ils ont souvent plus de 60, voire 70 ans.
- Ils deviennent dangereux : 150.000 kilomètres de réseaux basse tension en fil nu (c’est-à-dire sans protection) ont été recensés récemment, soit 25 % du linéaire. De plus en plus, des poteaux sont « enrobés » de sacs plastiques pour éviter que des morceaux de béton ne s’en décrochent. Dans certaines régions, des portions de réseaux sont à même le sol…
- Les investissements de renouvellement diminuent fortement : ils s’établissaient à 2 milliards d’euros en 1995 contre 1,45 milliards aujourd'hui.
- L’enfouissement, élément indispensable à la qualité et à la sécurité du réseau, ne progresse que d’1 % par an.
- Logiquement, la qualité se dégrade, notamment sous forme de micro-coupures et de chutes de tension, affectant de plus en plus les zones rurales, pesant sur leur attractivité économique.
- Chaque année, entre 2 et 2,5 millions de foyers subissent des coupures, liées aux intempéries, soit l’équivalent d’une tempête tous les 18 mois.
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