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mercredi 26 septembre 2007

Sénat : la réversibilité limitée mais étendue au gaz

Sans préjuger des futures discussions au Sénat qui commencent lundi, Ladislas Poniatowski, sénateur de l'Eure, a exposé aujourd'hui les décisions prises hier par la commission des affaires économiques. Des trois propositions de loi, c'est la sienne qui a été retenue et sera donc défendue. Comme il l'a souligné lui-même, cette proposition de loi est "très modeste". Elle vise en fait à mettre fin à une "double injustice", celle qui contraint aujourd'hui un propriétaire à "subir" les choix de son locataire si celui-ci a opté pour les prix de marché. Contrainte qui vaut également pour le locataire qui lui succèderait.

Le seul changement concerne le gaz, désormais inclus dans le champ de cette réversibilité limitée. A cette nuance près que la loi, si elle est adoptée en l'état, ne concernera pas les logements neufs où le prix de marché s'imposera toujours aux nouveaux propriétaires et/ou locataires. La proposition de loi comprend donc désormais deux articles. Dans les deux cas, 2010 figure en date butoir.

Pour Ladislas Poniatowski, la modestie du dispositif vise à "ne pas braquer Bruxelles" dans la perspective de discussions ultérieures sur les tarifs réglementés. Le sénateur n'exclut ni les discussions ni les amendements que pourraient proposer Xavier Pintat, dont la proposition de loi n'a donc pas été rétenue, ou Daniel Raoul, qui a vu sa proposition d'étendre la réversibilité au gaz retenue (mais dans une configuration bien plus réduite).

Ce texte, s'il est adopté, ne concernera guère que... 15.000 personnes* dans l'immédiat, c'est-à-dire les clients qui ont opté pour les offres de marché. Et ne résout en rien le problème de la fluidité du marché, lequel est inexistant. Des fournisseurs alternatifs, comme Poweo, s'étaient d'ailleurs prononcés pour une réversibilité plus large, conscients des blocages actuels. "Le marché n'a absolument pas fonctionné", concède Ladislas Poniatowski, qui se dit favorable aux tarifs réglementés mais souhaite d'abord voir le sujet débattu à Bruxelles. La question de la réversibilité - ou de la suppression des tarifs - reviendra donc tôt ou tard.

lundi 24 septembre 2007

Les yeux dans le bleu ciel

Le voile est levé et le ciel, pourtant automnal, est appelé à devenir bleu. EDF lance donc Bleu ciel pour promouvoir ses offres commerciales.

Il y a du gadget dans cette offre, comme par exemple Laura ma conseillère virtuelle ou bien ces écotoys qui correspondent aux engagements d'EDF vis-à-vis de ses clients: simplicité, sincérité, pragmatisme, écoute. Toute ressemblance avec d'autres vertus serait exagérée... Il y a aussi un tirage au sort qui propose de gagner (jusqu'au 26 octobre) un voyage éco-citoyen au Sri-Lanka et 10 baptêmes en montgolfière. Que Gaz de France utilise des montgolfières pour ses relations publiques n'est que pur hasard.

Il y a, surtout, des offres commerciales.

  • D'abord l'estimation travaux à 69 € TTC. Pour ce prix, EDF propose un entretien téléphonique avec un "expert multi-métiers" du bâtiment et un devis personnalisé des travaux envisagés "poste par poste". Oui mais... quels travaux? Pour en savoir plus, il faut contacter son conseiller EDF.
  • Il y a aussi Objectif travaux. Pour 290 € TTC, EDF propose un bilan du logement, le suivi du projet par un technicien EDF et une mise en relation avec des prestataires Vivrélec. Sur le site, la prestation est un peu plus détaillée. Mais à la lire précisément, elle semble plutôt élevée. Comme toute prestation de ce type, il faut qu'elle permette d'économiser davantage que ce qu'elle coûte. A suivre...
  • Suivi conso: avec cette apocope, EDF facture 2,40 € TTC par mois une prestation qui, semble-t-il, était autrefois délivrée gracieusement au client. Il s'agit ici, par une analyse de sa consommation dans le temps, d'aider le client à faire des économies. Un bilan annuel et un prévisionnel de l'année à venir sont inclus.
  • Il y a aussi l'assistance dépannage électricité et plomberie. Ce service est facturé mensuellement : 4,90 € TTC par mois pour l'électricité, 9,90 € TTC par mois pour les deux énergies. Cet abonnement permet, pour tout appel passé entre 7h et 16h, d'obtenir une intervention d'un plombier ou d'un électricien dans les 4 heures (24 heures sinon) avec une prise en charge des frais de déplacement (malgré une franchise de 10 € TTC). Le contrat prévoit la prise en charge de "3 heures de main d’œuvre (à partir de l’arrivée du professionnel dans le logement)" et le remboursement des "pièces défectueuses jusqu’à 50 euros TTC pour l’électricité et 100 euros TTC pour la plomberie". Préalablement à ces déplacements, une hotline est prévue pour tenter d'identifier le problème et, le cas échéant, d'intervenir soi-même. Ici, la calculette s'impose pour savoir si un abonnement mensuel est plus compétitif que des interventions ponctuelles.
  • Enfin, l'offre duale. Comme chez Gaz de France, elle avance masquée : "choisissez dès votre emménagement, le contrat électricité et gaz naturel le plus adapté à vos habitudes de consommation". Sur le site Bleu ciel rien n'est dit sur l'irréversibilité. Et, sur la page d'accueil d'EDF qui suit celle de l'offre gaz de Bleu ciel, même silence. Il faut aller sur la fiche de "présentation standardisée de l'offre" pour trouver quelques mots sur l'irréversibilité (quand on arrive à la télécharger). Il y a même une certaine ambiguïté de formulation entre tarifs et prix : "Pour l'électricité, les tarifs sont fixés par les pouvoirs publics. Pour le gaz, EDF s'engage à ne pas augmenter les prix hors taxes de l'abonnement jusqu'au 1er juillet 2009" (c'est nous qui mettons en gras). Et si EDF indique qu'il est possible de "résilier cette offre à tout moment sans frais de résiliation", c'est pour mieux omettre de dire que cette résiliation supposera, de facto, la perte du bénéfice des tarifs administrés pour les deux énergies.

On le voit, Bleu ciel concourt largement à positionner EDF comme un acteur global de l'énergie en valorisant son offre duale et en déclinant des services connexes rémunérateurs. Un tout petit peu d'information sur les tarifs régulés serait bienvenu...

mardi 18 septembre 2007

Se vogliamo che tutto rimanga come è, bisogna che tutto cambi!

Il faut que tout change pour que tout demeure comme aujourd'hui.

Chacun connaît cette phrase célébrissime de Giuseppe Tomasi di Lampedusa dans Le Guépard. Quelle meilleur constat pourrait-on faire aujourd'hui du marché français de l'électricité, plus de 100 jours après son ouverture à la concurrence pour les particuliers? Cette "révolution" est devenue un non-événement.

Faut-il faire les comptes? Après avoir beaucoup communiqué sur le sujet aux alentours du 1er juillet, le D Day du grand changement, les opérateurs sont bien plus prudents aujourd'hui. Direct-Energie a dévoilé son offre mais n'indique pas combien de clients y ont souscrit. Poweo, qui visait 100.000 clients particuliers, n'en séduit que 50 à 80 par jour: à ce rythme, il en aura au mieux 15.000 d'ici la fin de l'année. En attendant, au 1er octobre, seuls 2.389 clients auront "basculé" dans le marché grâce à une offre Poweo (mais pour 1.679 sites seulement). Les efforts publicitaires ne semblent donc guère payés de retour. Saluons néanmoins la transparence de ce fournisseur. Tout comme celle d'Enercoop qui a indiqué à Energie2007 que 230 consommateurs avaient choisi de faire appel à ses services en septembre (qui s'ajoutent aux 150 aoûtiens et 80 juilletistes). Du côté d'EDF et Gaz de France, c'est le règne du flou. On sait que les opérateurs historiques misent principalement sur les offres duales pour séduire leurs usagers et les transformer en clients. Selon le PDG d'EDF, ils seraient 4.500 à avoir déjà opté pour cette formule et, chez Gaz de France, on en annonçait 6.000 en juillet (mais aucune information n'a filtré depuis).

En comptant large, 15.000 foyers, peut-être 20.000 auraient donc choisi le marché et le renoncement aux tarifs réglementés. Ce qui représente environ... 0,045% du total. Si l'on ajoute que ceux qui ont opté pour une offre duale chez leur opérateur historique ne savent pas forcément qu'ils sont maintenant titulaires d'un contrat au prix de marché, il est difficile de faire abstraction du surmoi des tarifs réglementés, largement défendus par les collectivités locales organisatrices de la distribution et fourniture d'énergie (dont la FNCCR est la représentante) et les associations de consommateurs.

Plus que lesdits tarifs, c'est bien la question de l'irréversibilité qui pose problème. Ca et là, des voix contradictoires se font entendre: le PDG de Gaz de France se dit prêt à se battre avec Bruxelles pour garder les tarifs réglementés, tandis que le directeur des approvisionnement gaz d'EDF indique que son entreprise "ne milite pas" en faveur de leur maintien. Pour les nouveaux entrants, leur suppression serait une aubaine. Pour les consommateurs, c'est moins sûr... Faut-il aller au marché sous la contrainte lorsqu'il est censé impliquer la liberté de choix?

Dans ce contexte, la discussion de deux propositions de loi consacrés au Sénat tombe à pic. Si le texte de Ladislas Poniatowski et celui de Xavier Pintat diffèrent légèrement, tous deux s'attaquent à l'écueil de l'irréversibilité. Et visent à permettre aux consommateurs de choisir librement, dans un sens comme dans l'autre, entre tarifs réglementés et prix de marché. Citoyens-consommateurs comme fournisseurs ont tout à y gagner.

lundi 17 septembre 2007

Clairenergie, votre marque de confiance

Difficile, non, de se faire une opinion sur les offres des fournisseurs d'électricité et de gaz?

D'autant plus qu'ils multiplient les offres, sans que ce soit toujours simple de faire la différence entre les unes et les autres. Jusqu'aux fournisseurs historiques qui proposent des offres aux tarifs réglementés et d'autres aux prix de marché! De l'avis général, le non-événement que représente cette ouverture à la concurrence des marchés de l'électricité et du gaz s'explique - par l'attrait relatif des offres nouvelles au prix marché par rapport à celles fournies au tarif réglementé, - par l'impossibilité de "revenir" à ces tarifs si l'on a choisi une offre aux prix de marché.

Cependant, le marché est là. Les offres aussi. Pour s'y repérer, il importe de définir des critères d'appréciation, de manière transparente. C'est l'objet de la marque de confiance Clairenergie que vous découvrirez d'ici quelques semaines. Son usage sera surveillé par les collectivités organisatrices de la distribution et de la fourniture d'électricité et de gaz. Cette marque apportera une garantie supplémentaire aux clients (résidentiels et petits professionnels) quant aux bons comportements commerciaux et contractuels de leurs fournisseurs.

Concrètement, un fournisseur d'électricité et/ou de gaz "CLAIR'ENERGIE" est un fournisseur qui respecte un certain nombre d'engagements dans l'intérêt du consommateur.

- Prohibition des pratiques commerciales trompeuses et agressives (pas de démarchage agressif, de publicité mensongère …),

- Lisibilité et transparence des offres des fournisseurs (dispositions qui vont au-delà des mesures protectrices en faveur des consommateurs inscrites dans le Code de la consommation),

- Engagements contractuels vertueux:appels du service clientèle non surtaxés, absence de dépôt de garantie (caution), limitation des indemnités forfaitaires pour retard de paiement, modes de paiement diversifiés sans frais supplémentaires, conseils de base MDE gratuits.

jeudi 13 septembre 2007

Nouveautés Energie2007

Parmi les nouveautés du site depuis la rentrée, une interview du directeur juridique de la FNAIM, Cyril Sabatié, autour de cette épineuse question: un locataire peut-il changer de fournisseur et quitter les tarifs réglementés contre l’avis de son propriétaire ? Et aussi, un point sur les comparateurs de prix, de plus en plus nombreux sur la toile. Quelles sont leurs approches, quels opérateurs référencent-ils?

mardi 11 septembre 2007

Il n'y a plus de monnaie au numéro que vous avez demandé

En juin dernier, l'Inspection générale des finances a épinglé une pratique devenue courante dans l'administration (mais en fait un peu partout), celle des numéros de téléphone surtaxés. Outre que l'usager a du mal à associer des tarifs aux diverses formes de numéro (0 800, etc.), s'ajoute le fait que le coût varie selon l'opérateur mais aussi le fait d'appeller d'un poste fixe ou mobile. Les fournisseurs d'énergie utilisent aussi ce type de numéros. Il faut être particulièrement vigilant car même ceux qui sont facturés au prix d'un appel local peuvent se révéler coûteux, pour peu que l'on appelle depuis son téléphone mobile. Si Gaz de France propose un contact au 810 800 801 au prix d'un appel local (depuis un poste fixe), de même qu'Altergaz (0 800 1000 48), Direct Energie n'est joignable qu'au 0 820 16 17 16 pour 0,12 €/min, hors surcharges éventuelles. Quant à Poweo, c'est plus compliqué: la souscription est gratuite au 0800 008 800 (toujours depuis un poste fixe) mais, pour ceux qui sont déjà clients, il faudra passer par le au 0 892 702 207, numéro surtaxé à 0,34 €/min, hors éventuelle surcharge de l'opérateur téléphonique. L'opérateur téléphonique est expressément montré du doigt par EDF: "prix d'un appel local sauf surcoût imposé par certains opérateurs de téléphonie". Seul Enercoop (01 73 02 69 25) affiche un bon vieux numéro de téléphone fixe. Alors, qu'est-ce qui empêche les opérateurs de garder leurs numéros d'antan? A priori, rien, sauf la perte de recettes que cela engendrerait. Et le lecteur d'Energie2007 a tout intérêt à visiter cette page du Journal du net où il est révélé qu'il est possible de contourner certains numéros surtaxés en appelant... les numéros géographiques réels. Vivement la suite!

 
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