Dans le cadre de l'élection présidentielle, la FNCCR a interrogé les candidats sur la qualité des réseaux de distribution d'électricité, les rapports entre ERDF et ...
A l'occasion d'une conférence de presse, Robert Durdilly, président de l'Union française de l'électricité, et Jean-François Raux, conseiller, ont présenté trois scénarios d'évolution des besoins en énergie de la France, à horizon 2030.
"On s'est dit que, dans la perspective de l'élection présidentielle, cette étude pourrait ête utile", a estimé Robert Durdilly (photo), soulignant le choix d'une approche globale (production et acheminement), assorti des investissements nécessaires - sans oublier l'impact en termes d'échanges extérieurs.
Trois scénarios ont été présentés:
- le premier vise la prolongation de la PPI 2009, il est à "70% nucléaire",
- le deuxième, à "50% nucléaire", vise une réduction de cette source d'énergie (non éloignée, notons-le, des propositions du Parti socialiste),
- le dernier, à "20% nucléaire", est, semble-t-il très EELV-compatible, dans la mesure où il évoque la fermeture de "toute tranche nucléaire existante (...) à son 40ème anniversaire".
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En termes d'évolution de la demande, l'UFE a planché sur des hypothèses de croissance du PIB allant de 1 à 2,5%, assorties de politiques hors MDE, avec MDE ciblée, avec "MDE Grenelle". La demande varie de 17 TWh (MDE Grenelle + PIB de 1% en moyenne) à 182 TWh (pas de MDE, PIB en hausse de 2,5%).
En termes de consommation, l'UFE a "retenu un scénario médian", a indiqué Jean-François Raux.
Pour ce qui est de la production (les 60 heures les plus chargées de l'année), la "pointe" pourrait progresser fortement dans un scénario de croissance naturelle (jusqu'à 29 GW), c'est-à-dire hors MDE.
"La MDE ne permet pas de stabiliser la demande d'énergie électrique, encore moins de la réduire", a-t-il affirmé, mais elle "permet de stabiliser la puissance appelée". Il a ensuite indiqué qu'en "l'état actuel des finances publiques", la politique MDE du Grenelle ne peut être financée.
En termes d'interconnexion, il faudra compter avec 6 à 8 entre 2010 et 2030 GW supplémentaires (soit un total de 20 à 22 en 2030 en partant de 14 à 15 en 2010), mais ces "lignes à construire (poseront) des problèmes d'acceptabilité sociale". Jean-François Raux a rappelé que la ligne THT France-Espagne a commencé à être discutée il y a plus de deux décennies, "et, aujourd'hui encore, rien n'est consruit").
Scénario nucléaire à 70%
Ce scénario d'énergie nucléaire produite suppose la" construction de deux réacteurs supplémentaires, dont l'EPR de Flamanville". La puissance installée du nucléaire est de 63,1 GW, celle des énergies renouvelables représente 41,2 GW et le thermique 21 GW. L'UFE évoque ici un "gros problème" de rentabilité des cycles combinés à gaz (25%). > Les investissements nécessaires sont ici de 322 milliards, dont 70 milliards pour la MDE, 117 milliards dans la production, 36 milliards dans les réseaux de transport et 99 milliards dans les réseaux de distribution. > Impact pour la facture des particuliers : 168 euros par MWh.
> Impact pour la facture des entreprises: 110 euros par MWh.
"C'est le financement du Grenelle et de la PPI". > Impact sur la balance des paiements: neutre.
Nombre de réacteurs nucléaires restants : 58+ 2
Scénario nucléaire à 50%
Ici, on ferme une "centrale sur deux", pour arriver à une puissance installée de 40,7 GW, soit 50%, les Enr représetant 34% et le thermique 7%.
L'impact CO2 est négatif: multiplication des émissions du secteur électrique par 1,3. > Les investissements nécessaires sont ici de 382 milliards, dont 70 milliards pour la MDE, 165 milliards dans la production, 42 milliards dans les réseaux de transport et 105 milliards dans les réseaux de distribution.
> Impact pour la facture des particuliers : 189 euros par Mwh .
> Impact pour la facture des entreprises: 129 euros par MWh. > Impact sur la balance des paiements: déficit de 6 miliards d'euros.
Nombre de réacteurs nucléaires restants : 30 + 2
Scénario à 20%
Ce scénario intègre "une puissance nucléaire résiduelle de 15 ou 16 GW". Ici, la puissance installée des énergies renouvelables représente près de 100 GW (dont 30 GW d'éolien, 15 GW d'éolien offshore, 18 GW de photovoltaïque...). Les Enr représentent 40% du total produit, le thermique progressant très fortement aussi (40%). "C'est à peu près les chiffres du scénario allemand", a précisé Jean-François Raux. Ce scénario suppose une modification profonde du système électrique (développement des smart grids notamment). Il pose aussi la question de "l'acceptabilité sociale des ouvrages" - avec 10.000 à 11.000 éoliennes, et de l'ordre de 3.000 mâts en éolien offshore... Sans oublier l'installation de 60 unités thermiques en France. L'approvisionnement en charbon, mais surtout en gaz, aura aussi un impact sur les réseaux gaziers, ce qui pose "probablement un problème pour la structure de ces réseaux". Il faudra également tenir compte d'une "tension (...) sur le marché des énergies fossiles à horizon 2030". Pour le thermique se pose ici un "problème critique: implanter 60 cycles combinés gaz posera d'importants problèmes d'acceptabilité sociale".
L'impact CO2 est fortement négatif: les émissions du parc électrique seraient triplées. > Les investissements nécessaires sont ici de 434 milliards, dont 70 milliards pour la MDE, 209 milliards dans la production, 44 milliards dans les réseaux de transport et 111 milliards dans les réseaux de distribution.
> Impact pour la facture des particuliers : 211 euros par MWh, avec une CSPE "stabilisée" aux alentours de 46 euros. > Impact pour la facture des entreprises: 148 euros par MWh.
Ici, on double le prix de l'Arenh.
> Impact sur la balance des paiements: déficit de 10 miliards d'euros ("on n'exporte quasiment rien (mais) on achète beaucoup de combustible").
Nombre de réacteurs nucléaires restants : 10 + 2
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"A horizon 2030, il faut maintenir des choix ouverts", a estimé Robert Durdilly, dans la mesure où il est impossible de savoir quelles seront alors les technologies disponibles. Il importe d'avoir une" approche globale et de ne pas traiter le secteur par segments", notamment dans un monde ouvert à la concurrence, lequel suppose de "créer les conditions pour que les investissements se réalisent". La sortie du nucléaire ne peut pas se faire que par la MDE et les Enr (l'UFE ne partage pas les conclusions du scénario Négawatt). Sortie du nucléaire? "On n'a pas voulu prendre position a priori, mais (préciser) les conséquences (...). Tout coup de barre trop marqué dans un sens ou dans l'autre serait pénalisant pour les décisions d'investissements du secteur électrique"
Combien ?
Par rapport à 2010, pour un particulier, la facture progresserait de:
- 33% hors inflation, dans le scénario 1,
- 50% hors inflation, dans le scénario 2,
- 67,5% hors inflation, dans le scénario 3.,
-------- Qui de l'EPR de Flamanville ?
Les trois scénarios intègrent la construction de l'EPR de Flamanville, pour laisser le choix le "plus ouvert possible" aux décideurs politiques, et d'un autre réacteur (Atmea ou EPR de Penly).
--------- Les citations
Le compteur "Linky n'a pas d'intérêt en soi, c'est le système qui est intéressant".
"Les prix aux entreprises électro-intensives sont tout sauf transparents, malgré ce qu'affirme l'Uniden".
Finalement, le non remplacement d'1 réacteur sur 2 partant à la retraite, c'est très RGPP!
07/11/2011 |
Jason
Entre les scénarios extrêmes, l'écart est de 112 milliards ! On est loin des 750 milliards annoncés ici ou là par les nucléocrates ! Bravo l'UFE !
07/11/2011 |
Lambal
Dans sa propagande pour le nucléaire, le cartel des électriciens pour le nucléaire (UFE) arrange un peu trop les chiffres pour baisser le coût du nucléaire et augmenter celui des énergies renouvelables.
Deux exemples :
Pour le nucléaire EPR, un coût de 60-65 euros/MWh est indiqué, alors que le coût effectif est 81 euros/MWh si le coût de construction reste à six milliards d'euros et si terminé fin 2016.
Pour le solaire photovoltaïque, un coût de 180 euros/MWh est indiqué (fourchette de 120-240 euros), alors que :
- le prix d'achat est déjà descendu à 115 euros pour les installations qui représentent les 2/3 de la capacité installée et que le prix moyen est en dessous de 180 euros,
- en 2020, le prix d'achat de l'électricité provenant de ce type d'installations devrait être inférieur à 60 euros/MWh (environ 70% de la puissance installée)
( voir tableaux : http://energeia.voila.net/solaire/prix_moyen.htm )
- en 2020, seules les petites installations (moins de 9 kW) intégrées au bâti dans le résidentiel seraient à 180 euros/MWh, pour environ 10% de la puissance installée totale,
- en 2020, tout le reste (environ 20% de la puissance installée serait compris entre 60 euros/MWh et 140 euros/MWh.
Cela en 2020, ce qui veut dire encore moins cher en 2030.