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Où en est la filière photovoltaïque ?
Energies renouvelables | 2011-10-11 13:04:00 | Administrateur 'Energie 2007'

Après une année mouvementée, où en est la filière photovoltaïque ?
Petite pause café & croissants avec une conférence Bip-Enerpresse consacrée à la filière solaire. Au menu Thierry Lepercq, président de Solairedirect, Julien Marchal, adjoint au chef du bureau des affaires extérieures de la DGEC, et Gilles Perrot, direction gaz & énergies nouvelles à Total.

La situation critique de la filière n'est pas propre à la France, a rappelé Joël Spaës (rédacteur en chef d'Enerpresse), « ça se passe un peu comme ça partout en Europe ». Ce qu'a confirmé Thierry Lepercq. En Allemagne, la « situation est similaire », dans certains pays, « les tarifs ont été purement et simplement supprimés. On change de monde. Le monde dans lequel nous vivons maintenant, c'est celui de l'énergie. Le photovoltaïque n'est plus simplement quelque chose de sympathique mais une énergie à part entière ».

Julien Marchal a réaffirmé l'objectif de 5400 mégawatts raccordés en 2020., engagement du Grenelle et européen à la fois. « Le système tel qu'il est prévu aujourd'hui, avec 500 MW raccordés par an, permettra d'atteindre ce chiffre ». Aujourd'hui, il y a « un peu plus de 2000 MW raccordés, il y en avait 200 ou 300 il y a 2 ou 3 ans. Et on a une file d'attente de 2000 MW. Revenant sur les modifications tarifaires, il a rappelé que « l'ajustement trimestriel se fait en fonction du trimestre précédent », a-t-il rappelé, décrivant le « mécanisme complexe » des nouveaux tarifs auto-ajustés.

Gilles Perrot a rappelé les positions de Total dans le photovoltaïque, avec une prise de position majoritaire dans Sunpower (60%) et l'acquisition, le 10 octobre de 100% des parts de Tenesol.
« Il faut avoir une taille critique. Les petites sociétés auront du mal à s'en sortir. Il faut disposer d'une technologie, des produits différenciants, c'est-à-dire mieux et différents, pour se distinguer notamment des marchés asiatiques ». Total entend être positionné sur la totalité de la chaîne de valeur. Et, a-t-il annoncé, « Total est propriétaire de Tenesol à 100% depuis hier. »

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Quelle filière industrielle?
Le prix des modules photovoltaïques est désormais de 0,60 €, a indiqué Thierry Lepercq. « Les conditions sont maintenant réunies pour produire de l'énergie solaire au plus bas prix ». Revenant sur les objectifs de politique industrielle français, il a indiqué qu'il y avait à l'aval, « pour l'essentiel des acteurs qui voulaient profiter de tarifs d'achat élevés et qui sont, pour l'essentiel, aujourd'hui repartis ». Pour l'amont, il « y a en France très très peu d'emplois industriels », même s'il a cité quelques acteurs comme Phototowatt ou Tenesol, aujourd'hui « pas compétitives ». Mais, nuance-t-il, tout comme « les trois quarts des entreprises chinoises qui ne sont pas compétitives ».

Car le « photovoltaïque est un marché de commodités électroniques », qui répond à la loi de Moore, plutôt utilisée dans le monde de l'informatique. Il y une « augmentation permanente régulière des rendements avec une prime permanente au nouvel entrant ». prenant l'exemple de deux sociétés-phares, Qcells et Suntech, il a indiqué qu'elles étaient passées d'un statut de leader à une situation proche du dépôt de bilan. «La première n'existera probablement plus d'ici trois mois, la seconde d'ici 12 mois ! Et Toute l'industrie allemande, sauf peut-être Solarworld, va y passer »
> Dans la salle, un représentant de Qcells (Michael Grossman ?) lui répond : « merci de ne pas nous enterrer trop vite ! La restructuration en cours, qui n'est pas la première de notre histoire, est en bonne voie... »

Cette prime au nouvel entrant conduit une entreprise comme Samsung en faire du photovoltaïque « un axe majeur de son développement à... échéance 2020. » D'autres sociétés, comme Bosch Solar, se disent « prêtes à perdre de l'argent jusqu'en 2070 s'il le faut ». Nuance de Gilles Perrot : « Bosch, c'est un kolkhoze, pas une société cotée ! Chez Total, on n'est pas prêts à perdre de l'argent pendant 70 ans ! » Si les « quelques entreprises françaises du secteur ne sont pas viables » (Thierry Lepercq), c'est sans doute aussi, observe Gilles Perrot, qu’elles ont un « gros handicap par rapport aux Chinois dans l'accès au crédit. Le gouvernement chinois a investi 70 milliards dans cette filière. Et le gouvernement ne le laissera pas Suntech tomber en faillite. »

Sur la baisse des tarifs d'achat, Thierry Lepercq s'est montré optimiste: « on doit être là pour répondre à des besoins et non pour obtenir des suventions ad infinum parce qu'on sauve la planète... L'enjeu, pour la filière, c'est de sortir des tarifs d'achat. Et on est très très près de pouvoir se passer des subventions ». Solairedirect annoncera prochainement un "contrat de 120 mégawatts à 12 centimes d'euros".

En, France, "le marché chez les particuliers a baissé de 80%, poursuit-il. Celui des centrales à grande taille a, par définition, a baissé de 100%". Il y a trois types d’entreprises dans la filière. Celles qui vont très mal. Le solaire, c’est 1000 licenciements par mois. Celles qui changent de métier (biogaz, pompe à chaleur, efficacité énergétique). Et les autres, qui ont des actionnaires solides, qui courbent l'échine.


Crédit photo: Solairedirect

 
2  Réaction(s)
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Bonjour, L'optimisme de Mr Leperc n'est partagé que par lui même et correspond à un besoin capitalistique : ne pas faire paniquer ses actionnaires et ses investisseurs. 0,6 €/Wc correspond à du matériel non bancable par les banques françaises ou vendu à perte par des sociétés chinoises peu regardantes sur les coûts industriels induits... Tel un certain fournisseur de SD qui vient de se faire chopper à bazarder ses polluants dans les cours d'eau... La politique de subvention visait à soutenir l'émergence d'une filière amont française et à faire rattraper le retard pris par nos PME sur les allemands et les chinois. Le gvt a donc décidé de sacager le peu d'industries nouvelles et toute la filière aval (20 000 emplois mini) non délocalisable, ou d'inciter les photowatt and Co à délocaliser à l'Est de l'Europe. A cela vous ajoutez la stratégie des mastodontes (depuis quand la vente à perte est-elle légale en France?) qui consiste à soustraiter par cars entiers la main d'oeuvre étrangère de piètre qualité (cf EPR Flamanville) et vous obtenez la meilleure recette pour la destruction de notre nation. Enfin, s'il n'était pas prématuré de baisser les tarifs d'achat, d'augmenter les couts (raccordement, système d'intégration, provisions, études et préfinancements, etc.) pourquoi SD prospecte ses marchés en Inde ou ailleurs ???... L'idée ne serait-elle pas de bloquer toute concurrence et préempter un marché d'avenir en spéculant sur les baisses de cout ? 10000 personnes sous les ponts pour 5 à 10 qui s'engraissent... Faute d'éthique et de morale...
11/10/2011 | SocrateIII
Photovoltaïque - la grande priorité du gouvernement : les Coefficients SN et VN Tandis que le gouvernement multiplie promesses et bilans flatteurs de son action en faveur du secteur photovoltaïque, nous attendons toujours qu'il publie un arrêté homologuant les coefficients SN et VN permettant de déterminer les tarifs d'achat, en vertu de l'article 5 de l'arrêté du 04 mars 2011 fixant les conditions d'achat de l'électricité photovoltaïque. Ce qui permettrait à la CRE dans le courant du mois d'octobre d'afficher les tarifs T1 à T4 d'achat qui devront à leur tour être homologués par arrêté (les tarifs sont revus à la baisse selon la technique du collier étrangleur, par révision trimestrielle civile). En attendant, le gouvernement a tout de même pensé aux entreprises dont l'activité est la production d'énergie photovoltaïque ou éolienne !!! (Décret n° 2011-1238 du 4 octobre 2011 pris en application du cinquième alinéa du III de l'article 1586 octies du code général des impôts relatif aux modalités de répartition de la valeur ajoutée pour le calcul de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises ayant pour activité la production d'électricité d'origine photovoltaïque ou éolienne). L'environnement, ça commence à bien faire.
14/10/2011 | georges



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