| Poteaux fleuris |
| 06/09/2010 | Administrateur Energie 2007 |
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| Créosote: en finir avec la maladie honteuse des poteaux |
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2010-07-15 10:03:00 |
Administrateur 'Energie 2007' |
Pendant des décennies, poteaux électriques, de télécommunications et traverses de chemin de fer ont été traités à la créosote, un produit cancérigène, ou aux CCA (cuivre, chrome, arsenic...). Une fois déclarés hors services, ces bois étaient donnés, le plus souvent revendus, à des particuliers ou des entreprises. On en retrouve un peu partout, observe Jacky Bonnemains, président de l'association Robin des bois, mobilisée sur ce sujet depuis quatre ans: "On a observé que les bois traités s'immiscent de plus en plus les jardins, les terrasses, autour des piscines... Et pas seulement les traverses! On a aussi constaté que des cheminots avaient récupéré à leur retraite ces traverses pour en faire des linteaux... Et des architectes les intégraient dans des maisons". De telles réutilisations conduisent à des aberrations avec "des potagers biologiques entourés de bois traités à la créosote! Cela crée des pollutions très localisées mais fortes..."
L'association plaide pour une "une élimination correcte, durable et, si possible, utile" de ces déchets dangereux. La signature d'une convention ad hoc par le Meeddm, la FNCCR, Robin des Bois, RFF, ERDF et France Télécom, ce 15 juillet, devrait y contribuer.
> Cliquez ici pour consulter la charte d'engagement volontaire relative à la réutilisation et à l'élimination des poteaux et des traverses en bois traités à la créosote et aux CCA.
> Cliquez ici pour consulter le communiqué de la FNCCR.
Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'Ecologie (photo), a rappelé que la gestion des déchets avait constitué "un des débats les plus houleux et complexes du Grenelle", soulignant qu'il existait "certains déchets dont la gestion méritait des traitements particuliers, notamment ces fameux bois traités à la créosote". Faisant état de quelque 80.000 tonnes par an de "bois traités avec des produits classés cancérigènes de niveaux 1 ou 2", déplorant "la revente possible aux particuliers", permise par une directive européenne, elle a indiqué que le Meeddm avait opté pour "l'engagement volontaire" avec les signataires de la charte. "La loi Grenelle nous impose aujourd'hui 190 décrets... Si on peut passer par l'engagement volontaire, c'est tant mieux!"...
Hubert du Mesnil, PDG de Réseau ferré de France a fait état d'à "peu près 50.000 tonnes par an qu'il faut éliminer... Les traverses sont des objets très populaires et que nous n'avions aucune difficulté à éliminer... Tout le monde y trouvait son compte. Nous avons arrêté la vente aux particuliers et professionnels depuis un an". RFF doit donc aujourd'hui trouver des solutions: et Hubert du Mesnil estime qu'il "faut développer une filière industrielle (qui) pour l'instant n'existe pas ou très peu". C'est une "course de vitesse", compte-tenu de cet engagement, d'autant plus que RFF ne fait pas abstraction de ses "préoccupations économiques" et que la filière industrielle, par la recherche, doit parvenir à "faire cela au moindre coût. L'enjeu est de développer la recherche pour utiliser le bois dans les traverses à l'avenir (...) dans des conditions également favorables d'un point de vue écologique". Le coût de transport doit aussi être pris en compte et il faudra des "lieux de traitement répartis sur le territoire".
Jean-Pierre Bel, directeur adjoint d'ERDF, a indiqué que les "poteaux bois qui sont déposés" par le gestionnaire du réseau de distribution sont "en partie incinérés", même si l'entreprise "se heurte à la difficulté de l'absence d'une filière d'incinération: on fait appel à des cimentiers". Se déclarant prêt à s'associer à la création d'une filière, il a indiqué qu'ERDF dépensait un million d'euros par an poutr ces poteaux. Mais "la politique d'ERDF est d'enfouir les réseaux (...) et cette problématique des poteaux s'efface peu à peu", a-t-il conclu.
A France Télécom, Marc Fossier, directeur exécutif responsabilité sociale d'entreprise, a fait état d'un "parc de 12 millions de poteaux dont 1,5 million de poteaux inspectés chaque année et parfois déposés. Un poteau qui s'effondre pose des problèmes de sécurité", indique-t-il.De ce parc sont extraits chaque année 12.000 tonnes de bois traité, soit quelque 300.000 poteaux, pour un coût d'élimination "de plus d'un million d'euros par an". Des poteaux qui conservent de la créosote, du goudron de houille, de l'arsenic... L'opérateur de télécommunications a cependant cessé de vendre ses poteaux "dès les années 2000", mettant en place une filière d'élimination, les bois étant "broyés, puis brûlés dans une cimenterie dans l'Isère - et on est en train de passer à deux. La filière existe, mais il faut la développer."
Interrogé sur les recettes générées par la revente des traverses, Hubert du Mesnil est resté évasif: "cela se faisait de manière complètement diffuse..." tandis que Marc Fossier a affirmé qu'il ne s'agissait pas d'une "activité lucrative". Sur les coûts d'élimination, le PDG de RFF les a estimé à "6 euros par traverse".
La créosote est toujours utilisée pour les nouvelles traverses: "des programmes de recherche sont en cours pour trouver des traitements de substitution garantissant aux traverses une durée de vie de 30 à 40 ans. Mais la créosote de 2010, bien moins concentrée en produits cancérigènes, n'a rien à voir avec celle de 1970!"
Nathalie Fontrel, journaliste à France Inter, ayant fait état de trois anciens poteaux dans son jardin, la question du sort des vieux poteaux et traverses stockés chez les particuliers reste posée. Jacky Bonnemains lui a conseillé de "prendre contact avec la cimenterie de l'Isère, ça va te revenir à 200 ou 300 euros la tonne, plus le coût du transport!" Chantal Jouanno a constaté qu'il n'était pas possible de "traiter le stock existant chez les particuliers, faute de traçabilité... Mais on peut mettre en garde, informer..." L'association Robin des Bois conseille aux particuliers, dans le cas - rare - où ils ont "une facture d'une jardinerie, d'un grossiste" et qu'ils n'ont pas été informés de la dangerosité du produit, "de se retourner vers ce revendeur".
Surtout, surtout, il met en garde cintre les "dangers de la combustion et des incendies de stockage" car il y a, partout, des traverses "le long des voies"... A éviter dans les barbecues...
Les chiffres
80.000 tonnes de bois traités par an à recycler dont:
- RFF: 50.000 tonnes (800.000 poteaux par an).
- France Télécom: 12.000 tonnes pour 300.000 poteaux pour un "coût de plus d'un million d'euros par an".
- 2.000 à 3.000 tonnes de poteaux déposés par les autorités organisatrices de la distribution publique d'électricité (AOD).
- 1.000 à 1.500 tonnes de poteaux déposés par ERDF.
Et après?
"Il faudra qu'on s'intéresse aussi à la RATP, même s'il y a moins de traverses" a estimé Jacky Bonnemains.
A télécharger sur le site du Meeddm:
Les dossiers des signataires.
Le dossier de presse.
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