Petit déjeuner débat: blockchain et smart grids: compte-rendu
15/02/2017 | Administrateur Energie 2007
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Linky: la FNCCR plaide pour une réelle concertation
Réseaux | 2010-06-17 09:49:00 | Administrateur 'Energie 2007'
Le 16 juin, lors d'un colloque consacré aux smart grids (réseaux intelligents, 5ème forum ISA France), Pascal Sokoloff, directeur général de la FNCCR, a rappelé que les collectivités concédantes "s'expriment au nom de l'intérêt général car elles représentent les citoyens et les consommateurs". S'interrogeant sur le fait que les smart grids seraient "la nouvelle main invisible du système électrique", faisant en sorte que "les intérêts individuels concourent à l'intérêt général", qu'il s'agisse de l'injection d'énergies renouvelables ou de la maîtrise individuelle des consommations, il estime que ces réseaux du futur ne peuvent pas répondre à toutes les difficultés du système.

Définir la priorité des investissements
D’ailleurs, estime-t-il, "il y a un pré-requis absolu dans l'évolution du réseau vers des fonctionnalités plus performantes, c'est la remise à niveau du réseau de distribution" tel qu'il se présente aujourd'hui, un réseau dont les performances ont fortement diminué. "Le constat est désormais partagé. Tout le monde admet que les investissements ont chuté drastiquement ces dernières années et que cela s'est traduit par une dégradation de la qualité". Or, poursuit-il, "il serait vain de procéder à des investissements lourds pour équiper des réseaux qui au premier coup de vent tomberaient par terre et ne pourraient plus exercer leur fonction première de transmission de l'énergie électrique". A l'appui de ses propos, Pascal Sokoloff, met "en parallèle des investissements éventuellement concurrents", évoquant un montant de 8 milliards d'euros pour la généralisation des compteurs Linky et cette même somme, préconisée par la FNCCR pour sécuriser les parties les plus faibles du réseau de distribution (plan de sécurisation en 8 ans). Par rapport à "l'enveloppe initiale de 4 à 5 milliards d'euros que nous trouvions déjà élevée", en raison notamment de retards dans le déploiement, le coût global serait "au niveau national de 7 à 8 milliards d'euros". Or, "8 à 10 milliards, c'est ce que nous estimons, nous, nécessaires à a sécurisation de nos réseaux". En termes de priorités, il faut définir où doivent aller les investissement: "c'est une question politique.
Sur cette question des investissements, Marc Boillot, conseiller de la présidente d'ERDF, se félicite qu’ERDF soit "à nouveau sur une dynamique de croissance. C'est une bonne chose". Néanmoins, certains types d'investissements sont imposés au GRD d'une point de vie réglementaire (sécurité, élagage) ou en raison du développement des énergies renouvelables (raccordement des producteurs). Cela se fait « au détriment de la qualité des réseaux". Il estime également que les collectivités portent leur part de responsabilité: "nos partenaires de la FNCCR, au regard des volumes d'investissements qu'ils gèrent, doivent pouvoir arbitrer également".
Sur le coût de Linky, il indique que "les chiffres datent de 2007. On a découvert dans la presse des chiffres de la FNCCR sur des bases qu'on ignore. Et qu'on ne comprend pas même quand on fait du benchmark avec ce qui se passe à l'étranger. Il faut avoir des chiffres qui tiennent la route. On ne sait pas d'où ils viennent".
> ERDF, pourtant, a publié un
communiqué faisant état d'un coût de 120 à 240 euros par compteur: "selon les estimations de l’ensemble des experts du secteur, le coût de cet équipement pour le client n’excédera pas 1 ou 2 euros par mois sur 10 ans soit un montant très inférieur aux gains générés par les économies d’énergie".

Linky : des interrogations subsistent
Une autre question doit être soulevée, observe Pascal Sokoloff, celle de la maîtrise de la demande: "le législateur dit que ce qui prime c'est l'offre du fournisseur; le gestionnaire de réseau n'intervient qu'en second rang. Mais on est pas encore allés tout à fait au bout du débat" sur les rôles respectifs du GRD et des fournisseurs. Comment, par exemple, appréhende-t-on la "gestion de la pointe locale? Peut-il y avoir des scenarii d'îlotage en cas de panne? Qui doit porter l'information sur les consommations électriques à la connaissance du client?"
Revenant sur l'expérimentation qui se déroule actuellement et relayant les retours d'expérience transmis par les adhérents de la FNCCR, notamment le Sieil (Indre-et-Loire), il estime que "sur le papier, Linky est un produit séduisant qui permet des progrès notables (économies en termes d'exploitation, diminution des fraudes, facturation sur index réel...)", mais que le déploiement en cours suscite nombre de questions: "Nos critiques sont constructives car nous nous inscrivons dans la logique de l'expérimentation, avec ses points positifs et négatifs". Au vu des premières réactions de consommateurs, on constate "l'efficacité immédiate sur l'information des consommateurs est quasiment nulle: le client voit arriver Linky, on le pose, il est face à un objet, j'allais dire un OVNI, mais pour lui, la production d'information n'est pas très importante..." D'autant plus que le compteur est à "une altitude inaccessible, au fond du jardin...", rarement dans le lieu de vie. Une deuxième série d'effets est observable: "Linky est beaucoup moins tolérant que les compteurs précédents aux dépassements de puissances. Ca agit comme un révélateur des besoins de puissance réelle des consommateur. C'est perçu comme un problème par les clients".
Sur la question du financement, le risque est réel que le consommateur puisse avoir "le sentiment de payer deux fois. Le tarif d'utilisation des réseaux (Turpe) finance le déploiement de Linky. Mais Linky sert à permettre au fournisseur de faire des offres. Si ces offres sont plus intéressantes, même s'il y a diminution de la consommation il y aura une augmentation due au coût du service..."

Nécessité d’une réelle concertation
Les modalités de l'expérimentation en soi posent problème. Les collectivités, propriétaires des compteurs, ont pour l'instant été marginalisées: "Nous souhaitons vivement que les collectivités concédantes soient réinvitées dans le débat aux côtés de la CRE. L'expérimentation ne peut se cantonner à un dialogue bilatéral et confidentiel entre ERDF et la CRE". D'ailleurs, la diversité des collectivités conduit à s'interroger sur une expérimentation réduite à un seul prototype: "pourquoi pas deux ou trois modèles différents?" Un seul modèle peut aussi s'avérer contre-productif, dans la mesure où "les compteurs sont en place pour une vingtaine d'années. Or le système électrique est extrêmement évolutif. Attention aux coûts échoués! Nous ne souhaitons pas qu'on nous dise en 2014 que Linky c'était bien en 2011, mais que c’est désormais, c'est dépassé..."

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Et aussi
Lors de ce même colloque, Patrice Caillaud, directeur marketing et commercial d'Itron, a pécisé qu’outre l’expérimentation Linky pour laquelle Itron produit 100.000 compteurs, la société travaille aussi sur " plusieurs pilotes avec des entreprises locales de distribution, pour quelque 3.000 compteurs". La plus avancée de ces expérimentations concerne SRD dans la Vienne. Itron développe un smart grid dans les DOM, à la demande d’EDF SEI (services électriques insulaires), pour équilibrer les "énergies aléatoires" qui concernent "parfois 20 à 30% de la production dans certains endroits". Pour éviter le black-out, tous les points de comptage des particuliers envoient leurs données vers un point de collecte GSM. La conduite du réseau enregistre donc en temps réel l'équilibre demande-production et "peut dire non au dernier entrant. Trois îles sur six sont équipées".

Sans oublier
Avec les smart grids, la sécurité informatique s'invite dans les réseaux et les compteurs: "the bad guys are coming", prévient R. Tyler Williams de Wurldtech technologies. "Le consommateur voudra que son compteur soit protégé... Mais il devra payer pour ça..."
De la salle, un représentant du Gimélec a déploré l'absence d'un chef de file en France sur les enjeux industriels des smart grids.
Toujours de la salle, un intervenant a estimé que le modèle économique des smart grids restait à définir. "Si un consommateur achète un Iphone, c’est qu’il est prêt à payer pour de nouveaux services. Avec les compteurs intelligents, on ne demande rien à personne et tout le monde doit payer sans savoir ce que va réellement apporter…"
> Les attentes des consommateurs étaient au coeur du récent colloque organisé par la Deutsche Energie Agentur à Berlin.


 
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